
Auteur : Todd Strasser
Titre : La Vague (titre anglais original : The Wave)
Editeur : Jean-Claude Gawsewitch (puis Pocket)
A., collègue d'Histoire-Géo, nous a proposé (aux membres des équipes pédagogiques 4e et 3e) d'emmener nos élèves voir le film La Vague qui est sorti le 4 mars dernier. Ce film (que je n'ai pas encore vu) est une aubaine pour nous puisqu'il colle en tous points à nos programmes : étude de la montée des fascismes et de la seconde guerre mondiale en Histoire, étude de l'argumentation et du pouvoir de la parole quand elle est bien maniée en Français, sans compter le fait que le film est en allemand ce qui ouvrira un peu les yeux de nos élèves aux jugements à l'emporte-pièce envers cette langue, et permettra aux germanistes de travailler différemment.
Je voulais, avant la projection avoir une petite idée de ce que je trouverais dans l'adaptation cinématographique et me suis donc procuré le roman éponyme.
Si le style est assez brut et plat (mais peut-être est-ce dû à la traduction), il n'en demeure pas moins que l'histoire est captivante et très prenante. La pression monte graduellement à tel point qu'il m'a été impossible de lâcher l'ouvrage tant j'étais désireux de voir où conduirait l'expérimentation décrite.
En effet, ce roman relate une expérience menée à la fin des années 60 aux Etats-Unis par un professeur qui souhaitait faire comprendre à ses élèves les mécanismes du nazisme.
La question qui la provoque est pertinente, et je pense que nous nous la sommes tous posée quand nous avons eu à évoquer, en cours, la montée du nazisme :
Voici, pour établir le parallèle entre le roman et l'adaptation cinématographique, la bande-annonce du film de Dennis Gensel :
Je voulais, avant la projection avoir une petite idée de ce que je trouverais dans l'adaptation cinématographique et me suis donc procuré le roman éponyme.
Si le style est assez brut et plat (mais peut-être est-ce dû à la traduction), il n'en demeure pas moins que l'histoire est captivante et très prenante. La pression monte graduellement à tel point qu'il m'a été impossible de lâcher l'ouvrage tant j'étais désireux de voir où conduirait l'expérimentation décrite.
En effet, ce roman relate une expérience menée à la fin des années 60 aux Etats-Unis par un professeur qui souhaitait faire comprendre à ses élèves les mécanismes du nazisme.
La question qui la provoque est pertinente, et je pense que nous nous la sommes tous posée quand nous avons eu à évoquer, en cours, la montée du nazisme :
"Comment les Allemands ont-ils pu laisser les nazis assassiner des gens presque sous leurs yeux pour ensuite affirmer qu'ils n'en savaient rien ? Comment ont-ils pu faire une chose pareille ? Comment ont-ils même pu dire une chose pareille ? - Ma seule réponse, c'est que les nazis étaient extrêmement bien organisés et redoutés de tous. L'attitude du reste de la population demeure un mystère... Pourquoi n'avoir rien fait pour les arrêter ? Pourquoi affirmer ne pas être au courant ? Nous n'en savons rien"Pour tenter de parvenir à une réponse, le professeur, ne l'ayant pas trouvée dans ses ouvrages, se propose de mener ainsi son cours :
Supposons, pensa-t-il que je prenne une heure de cours, ou peut-être même deux, pour mener une petite expérience. Pour essayer de montrer à mes élèves à quoi ressemblait la vie quotidienne dans l'Allemagne nazie. S'il trouvait le bon moyen pour conduire cette expérience, il était certain que les lycéens en retireraient bien plus que n'importe quelle explication académique. Cela valait vraiment la peine d'essayer.A plusieurs moments du roman, j'ai eu des échos de Rhinocéros de Ionesco. La façon dont certains personnages se sentent exister à travers le groupe, la façon dont d'autres, plus individualistes (au sens positif du terme), après y être entrés, ne se retrouvent plus dans ce groupe qui tend à gommer toute forme d'individualité, enfin ceux qui, ne trouvant pas leur compte dans cette société justement individualiste, se donnent corps et âme à cette nouvelle "cause".
Voici, pour établir le parallèle entre le roman et l'adaptation cinématographique, la bande-annonce du film de Dennis Gensel :
Il est vrai que le film est largement différent du roman. D'une part le lieu de l'action change. Des Etats-Unis, l'action est transportée en Allemagne. Des années 70, on passe à l'époque strictement contemporaine. Le traitement de l'expérience est bien plus radicale dans le film que dans le roman. Assez logiquement, les vides narratifs du textes sont remplis par le scénario plus complexe du film. La fin est traitée de façon différente dans le livre et dans le film. Je serai bien en peine de trancher quant à savoir laquelle est meilleure ; les deux se justifient à mon sens, entre autre par l'époque auxquelles ont été réalisés les deux œuvres. Le livre a été édité pour la première fois en 1981 alors que le film est de 2008. Ces quelques trente ans qui les séparent ont vu nombres de changements sociétaux qui a eux seuls pourraient expliquer les différents traitements du dénouement. Le public visé, aussi n'y est sûrement pas étranger, toutefois je ne pense pas que le film ait été réalisé à l'intention des seuls adolescents, ce qui rendrait cette interprétation incomplète.

